Lacrosse – Sport en (re)construction

A la découverte d’un sport méconnu mais très ancien.

Il n’est pas le plus populaire ni le plus médiatisé des sports et pourtant, le lacrosse est le premier sport de l’histoire des Américains. Les Amérindiens ont été les premiers à le pratiquer, les Iroquois réglaient leurs conflits à l’aide d’une crosse et une balle en bois. Ce sport qui se développait au Canada et aux États-Unis a été découvert par les colons européens. Le missionnaire jésuite français, Jean de Brébeuf, laissa en héritage un nom français pour désigner ce sport collectif, « la crosse ». Depuis 1994, le Parlement canadien en a fait son sport d’été officiel. Extrêmement populaire chez les jeunes nord-américains, ces derniers le pratiquent beaucoup à l’université. De l’autre côté de l’Atlantique, en Europe, le lacrosse est en revanche seulement visible à travers des séries télévisés comme Teen Wolf, 90210 ou encore Modern Family.

Il existe, encore aujourd’hui, une équipe iroquoise. Elle est la seule équipe autochtone au monde autorisée à disputer des compétitions sportives internationales. Les Iroquois Nationals ont décroché la médaille de bronze aux championnats du monde 2014.

Quel est le but de la discipline ? Dans la version la plus démocratisé, c’est-à-dire celle en extérieur, deux équipes de dix joueurs s’affrontent sur un terrain quasiment identique à un celui du football (terrain en herbe de 100 mètres de long). Les joueurs disposent d’une crosse, un bâton pastoral dont la partie supérieur est un petit filet servant à contrôler la balle. Le but est d’envoyer la balle dans le but adverse. De plus, une petite touche donne encore plus d’intensité, les joueurs peuvent tourner autour de la cage, comme au hockey sur glace. Les contacts sont très largement autorisés, ce qui offre à ce sport un côté spectaculaire. Si le Canada est le tenant du titre des derniers championnats du monde (2014), les États-Unis dominent très largement la discipline avec neuf titres de champion du monde. Le pays de l’oncle Sam comptent aujourd’hui plus de 450 000 licenciés. En 2016, un record a été établi avec 170 équipes universitaires (dans la fameuse NCAA, la ligue nationale universitaire) dont 67 masculines et 103 féminines pour un total de 30 000 joueurs.

 

Qu’en est-il en France ? Ce sport qui est porté bénévolement par des passionnés tentent, tant bien que mal, de se faire connaître à travers l’Hexagone.

François Labbé, président de l’Association France Lacrosse, joueur de Lille Spartiates Lacrosse et de l’Équipe de France

« Aujourd’hui, en France, on a environ une centaine de licenciés. On a cinq clubs réellement établis et quatre clubs en démarrage. Le lacrosse reste très petit au niveau français. Le développement du lacrosse, ça passe par une meilleure connaissance du sport. Si je prends le foot US, il était déjà connu avant. Le lacrosse reste peu connu, ce qui fait que les gens ne se tournent pas vers notre sport. Une fois que le sport sera connu, on pourra espérer récupérer des joueurs et des personnes qui essayent de monter des clubs.

Avec les différentes séries américaines, on voit un peu plus de lacrosse à droite et à gauche, ce qui créé des contacts un peu partout en France. Puisque notre sport n’est pas fédéral, on doit compter sur l’investissement des gens. C’est la difficulté d’habiter dans un grand pays. Quand quelqu’un nous demande d’essayer le lacrosse à Bordeaux ou à Toulouse, on peut difficilement faire le trajet Lille-Toulouse pour l’aider.

Ce qu’on espère au niveau français, c’est plus de clubs afin de monter un championnat de France et avoir un calendrier de rencontres régulières. Dans l’idéal on arriverait à faire un championnat par poules de zone et ensuite faire des play-offs. Le deuxième objectif c’est de réussir à monter des équipes jeunes et féminines. Ce qu’on aimerait aussi c’est se rapprocher de structures existantes. Faut savoir qu’il y a deux versions du lacrosse, en extérieur et en intérieur. On aimerait donc se rapprocher de clubs de roller hockey pour monter un championnat de box lacrosse. L’objectif aussi, ce serait évidemment de devenir fédéral. Monter une fédération de zéro c’est un gros travail et pour l’instant nos moyens se concentrent surtout sur le développement des clubs. »

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James Johnson, entraîneur américain de l’Équipe de France de lacrosse

« Le lacrosse est un sport neuf pour les Français, même si ce sont eux qui l’ont nommé il y a quelques siècles. C’est un sport qui commence à attirer des fans, qui aiment jouer, qui aiment regarder. Il y a beaucoup à faire pour agrandir la base mais ça prend du temps. Au niveau international, la France est au milieu. Certainement pas la nation la plus forte mais certainement pas la plus faible. Il faut que les clubs deviennent de plus en plus forts pour que les gens puissent créer des joueurs qui jouent bien au niveau international.

Il n’y a pas assez d’adhérents pour créer une fédération. Il faut à peu près 40 000 personnes pour créer une fédération donc pour l’instant le sport est géré par une association qui ne touche pas de fonds du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Du point de vue argent, ce sont des subventions qu’on doit aller chercher au niveau des adhérents ou des entreprises intéressées au lacrosse. Puisque c’est un sport assez petit, les grandes entreprises ne sont pas encore intéressées. Il va falloir que nous fassions beaucoup de progrès au niveau international pour que les gens s’intéressent au lacrosse, pour qu’il y ait plus d’adhérents donc plus de subventions, et que ça devienne quelque chose d’organiser. Tout ça prend du temps puisque cela passe toujours par le volontariat.

Si on veut créer quelque chose, il faut commencer par les jeunes. Ici aux États-Unis, c’est un sport qui a grandi assez vite, qui est presque devenu traditionnel. »

Concernant la participation de l’Équipe de France aux championnats du monde 2018 : « J’entraîne la France depuis 2010. Je crois qu’ils vont bien se défendre et avoir des meilleurs résultats que par le passé. Les joueurs que nous sommes entrain de former dans l’équipe ont beaucoup travaillés et sont devenus beaucoup plus doués. J’ai beaucoup d’espoir pour l’équipe, je suis certain qu’ils feront le meilleur pour la France. Ils sont tellement fiers et passionnés de représenter leur pays, c’est toujours spécial quand on représente son pays. »

Alexandre D. – lespritsportif.com

Photo à la Une : odaconline.com

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